Ce que m’a inspiré une parole raciste : cinq minutes de révérence à l’Afrique.

Un frère en Christ blanc, et nommément pas Français de souche, a écrit il y a quelques temps, et sans l’ombre d’une exception pour ses frères en Christ, qu’il était temps que les Africains (les noirs cela s’entend) quittent la France et rentrent chez eux. En y repensant hier, j’ai eu envie de réveiller ma plume endormie.mama-africa-regroupc3a9-1

L’Afrique est unique. Ses souffrances interpellent, sa diversité captive, sa joie est jalousée et ses paradoxes rendent fou.  Docile, Mama Africa, comme l’appellent affectueusement ceux qui la chérissent, se laisse imaginer, dévoile ses mystères et reste ouverte à toute voie de représentation.  Oubliez l’Europe vieillissante, détournez-vous de la contrefaite Asie, et lâchez l’Amérique, la superficielle…le temps d’une courte prose. L’Afrique la naturelle, vaut bien cinq minutes de révérence.

1-Au raciste négrophobe :  je te présente Mama Africa la pourvoyeuse.

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Entends-tu les pleurs de l’Afrique lorsque ton Smartphone tu colles à l’oreille ? Pourtant son Congo s’y consume. Sens-tu son goût quand ton chocolat chaud tu effleures des lèvres ? Pourtant sa côte d’Ivoire s’y fond. Mama Africa porte dans son ventre et accouche dans la souffrance pour que toi tu en profites dans l’opulence. Tes déchets terminent leurs voyages au fond de son gosier ; ta vue pourrait en échange supporter les quelques petits noirs qui en jaillissent, non ? Tu as les armes qui transforment, c’est ta force. Et c’est connu : le faible a tord. Les fils de l’Afrique ne sont pour rien dans la construction de ce beau nid que tu appelles tiens…c’est toi qui le dis. Ses filles n’ont aucun droit de partager un petit bout de ce grand nid que tu appelles tiens…c’est toi qui l’écris.  Grogne…moi j’en souris. Le temps a de la mémoire et il parle tu sais ! Des fils beaux et forts elle a expulsé comme bras pour ton rival à l’autre bout du Sahara, comme dos pour ton cousin de l’autre côté de l’Atlantique, et comme lit pour toi. Allez, ne fais pas semblant de ne pas comprendre. L’intelligence est tienne. Oui, le temps a de la mémoire. Le passé composé pour Mama Africa par tes ancêtres, ces convoiteux, ce passé imposé à cette mère porteuse, les siècles l’ont conté aux années, les années aux mois, les mois aux jours et les jours te les content, à toi.  Tu vois ton espace qui à chaque heure se colore de plus en plus ?  A ton grand désespoir. La fautive, c’est l’histoire.

2. Au frère complice : Mama Africa la déshonorée

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Tu le sais bien, toi, mon frère de couleur, si ce n’est de douleur, ce qu’ils ont fait. « Qui ? » Nos ancêtres pardi ! Infâmes complices…Mieux vaut être stérile que d’accoucher d’un traître…Pauvre Mama.  N’ont-ils pas vendus 50 guerriers Mandingues pour 5 fusils ?  N’ont-ils pas offert aux négriers la virginité de nos aïeules ? Pour 50 de nos belles roses noires ils recevaient 12 barres de fer. Chacune de nos mères valait aux yeux de son ‘frère’ 0,24 % d’une barre de fer. Quenelle en béton. Tu veux pleurer ?  Aujourd’hui encore les traîtres sévissent hélas, plus virulents, plus modernes, dans l’air du temps.  Les chefs parmi les fils de Mama suivent leurs ancêtres à la crasse. Ils vont même plus loin dans la disgrâce. Ayant leur ventre pour seule balance ils crachent sur l’honneur, renient leurs sœurs et appauvrissent leurs frères. Non, ne pleure pas. Et ce qu’ils réservent à leur mère, tu es sûr de vouloir le savoir ? Là, ils se surpassent, offrant ses charmes aux étrangers, confiant sa garde à ses bourreaux, exposant sa nudité jusqu’au soleil levant. Si encore ils la vendaient au prix qu’elle vaut. « Prenez-la, prenez-la » appellent-ils,« prenez-la comme vous voulez»,  hèlent-ils, pour quelques piécettes jetées au peuple. Pauvre Mama Africa,  Dieu l’a créée berceau de l’humanité, ses fils l’ont couronnée ‘poubelle du monde’. Les chefs de ses fils, c’est sa douleur. Oui, pleure, nul n’en meurt.

3-Au déserteur : voici Maman Africa, la  magnifique

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Mon Dieu ! mon Dieu ! Incultes, gens de mauvaise foi, et Africains : voici les trois types de personnes qui ignorent que l’Afrique est le ‘ailleurs’ dont l’herbe est plus verte. Oh ! La Malheureuse que je suis cumule les trois. Si seulement j’avais eu plus tôt le flair des pilleurs! J’aurais fait pour Mama Africa, des merveilles. Qui écrira l’histoire de ce prince ? Il était malvoyant et visiblement insatisfait de son épouse. Aveuglé par la tromperie de son rival, il voulut traverser les mers à la rencontre de la plus belle des femmes.  C’est l’hideuse faucheuse qu’il croisa. Elle l’attira sur un bateau et offrit son âme à l’insatiable Méditerranée. Après sa mort, le rival profita à loisir de la femme du prince. Cette dernière était en secret l’inventrice même de la beauté.  Chantons aux migrants des mers, à leurs regrets amers. L’Afrique c’est la diversité ethnique, une variété originelle de couleurs de peau, un arc-en-ciel de cultures et d’esthétiques. Mama Africa a des dents en diamants et des yeux en or. Ses larmes sont pétrole, sa chevelure est forêt et mille autres richesses. De sa voix douloureuse elle crie pour redonner vie au prince noyé, espoir au déserteur. Y parviendra t’elle ?

4- A l’ennemi : Mama Africa, la guerrière

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Où que nous remontions dans le temps, l’Afrique est telle une femme seule dans le dehors obscur, exposée aux pires instincts du mâle. L’Amérique n’a plus rien à conquérir chez elle, les ‘native’ sont endormis. L’Europe s’ennuie de sa maturité douloureusement atteinte. C’est dans une connivence transparente que le duo retrouve sa vigueur : faire mijoter la même proie. Voyez qui s’invite au banquet ! L’Asie autrefois abusée,  dévore à son tour. Toute terre aurait depuis longtemps rendu l’âme, mais pas Mama Africa. Oh qu’elle est forte ! Malgré son ébène badigeonnée de blanc et de jaune, elle tisse sa résistance depuis des lustres. C’est dans cette lutte jamais interrompue que ses cornes se fortifient jusqu’au jour où…

Moussa Gueye (1)pensait-il à tout cela quand il donna vie à ce chef-d’oeuvre ? Peut-être aurais-je l’occasion de lui poser la question. En attendant, retrouvez son fabuleux travail à acheter sur son site. (1)

 

5-Aux sceptiques : Mama Africa la spirituelle

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L’Afrique n’a pas d’histoire, elle est pauvre, elle est en  retard…chimères se riant de la vérité. Ils s’en gargarisent, tous ces soufflés d’orgueil devant l’étalage de leurs inventions assommantes : banque, finances, macroéconomie, croissance à 10 chiffres, technologie,  etc. L’Afrique est en retard martèlent-t-ils. Retard par rapport à quoi? La destruction de la planète ? Retard par rapport à qui ? La sangsue capitaliste ? Rattraper le présent européen sans passer par la formation ‘moyen-âge’, tel est le challenge imposé à Mama Africa.  C’est perdu d’avance, autant le dire clairement. Colonisée, transformée et aliénée, Mama Africa est forcée à se construire loin de son essence réelle : spirituelle. Ah si ses chefs de fils pouvaient apostasier, rejeter cette modernité qui fera toujours de leur mère la dernière de la classe. S’ils pouvaient accepter la beauté naturelle et la spécificité de leur terre, et renoncer à cet entre-deux morbide qui fait fuir ses enfants. Pourquoi rester imprimé dans une copie ratée de l’Occident ? Autant y aller en Occident. Les chefs de ses fils préfèrent l’accrocher malgré tout à la queue du monde. Une super-héroïne finalement cette Afrique.

Non, Mama Africa n’est ni pauvre, ni en retard : elle est juste spirituelle. Son essence est trinitaire  : amie de la nature, soeur de l’humain, fille du divin. Elle attend sa renaissance qui ne pourra passer que par le retour en arrière, vers son histoire, vers la source, vers son primitif.

C’est malheureusement le vainqueur qui écrit l’histoire, et c’est aussi lui qui dicte l’avenir.

Ami Rougé pour theamijournal.com

 

1-Mark Artista   

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2-Moussa Gueye                                                                                                           

artmoussagueye.e-monsite.com                                                                                                         

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Le pasteur, la verge et l’orphelin

Le pasteur, la verge et l’orphelin.

L’histoire se déroule aux Etats-Unis à la fin des années 90.

Il est 23 h 10 quand le révérend évangélique William T lance sa Ford Ranger 1 flambant neuve à l’assaut des routes enneigées de l’Iowa. Il est dans l’ensemble satisfait des dix jours passés à sillonner le pays pour promouvoir ‘L’art perdu de la fessée’, son dernier ouvrage ; un best-seller qui, comme toute publication, ne fait pas l’unanimité. Il ne peut s’empêcher de revivre l’étape la plus crispante de sa tournée : son passage dans l’émission du pasteur Masha L.

-Pasteur T, Votre crédo est bien ‘Enseigner aux parents à battre les enfants avec amour’. Je ne me trompe pas ? ‘Battre les enfants avec amour’ , quelle figure de style cette expression est-elle sensée évoquer en nous ?

-Madame, l’heure n’est pas à la raillerie. Proverbe 22 :15 (la folie est attachée au cœur de l’enfant ; La verge de la correction l’éloignera de lui) est la base d’une éducation réussie. Ne vous en déplaise, quand bien même vous en feriez un malaise, la Bible est vérité et il y a une vertu dans la fessée.

-Pasteur T, vous avez, il me semble, la maîtrise de votre propre vérité. L’intelligence divine devrait vous dissuader de la rajouter à la maltraitance que subissent les enfants dans ce monde et plus particulièrement chez les dits chrétiens.

-Madame, si vous aviez lu mon livre en l’ouvrant, vous auriez remarqué que les techniques spirituelles et matérielles de fessée que j’ai élaborées servent justement à éviter les abus et les dérives que vous semblez évoquer.

-Pasteur T, si vous lisiez votre Bible avec le cœur ouvert, vous sauriez que Jésus ne peut pas cautionner la fessée, car il est amour.

Celle-là, il ne l’avait pas vu venir : le sommet de la platitude féminine.

Il avait quitté les antennes de « Sword Radio » sans avoir réussi à appeler une seule fois Masha L « pasteur ». Une femme qui enseigne la Parole, voici selon lui le comble de l’incurie masculine.

Un jingle de transition retentit : ‘chers auditeurs, c’est l’heure de votre enseignement de minuit avec Le pasteur Masha L.’

-Pastorette oui ! Peste le révérend en se penchant pour éteindre la voix de la niaiserie féminine.

Au même moment, l’inattendu se produit : un animal traverse la route. Mr T braque pour l’éviter, la voiture glisse et échappe à son contrôle. Elle dérape et tourne sept fois sur elle-même avant de s’immobiliser, comme sur ordre, en bordure de route. Dix tentatives de redémarrage infructueuses obligent le conducteur à sortir jouer au mécanicien sous le froid glacial.

-Je n’ai pas d’autre choix que d’aller chercher du secours, constate-t-il impuissant devant le capot ouvert.

Sa lampe torche à la main, il se lance à la recherche d’une maison avec des propriétaires assez inconscients pour ouvrir à un inconnu, minuit passée. Un craquement se fait entendre, puis deux. Un gémissement rauque lui parvient, puis deux. Alors seulement, l’homme de Dieu réalise qu’il se trouve sur la Stony Hollow Road. Sa voiture est tombée en panne sur un des célèbres lieux hantés de l’état de l’Iowa.  Connaissez-vous la peur, cette agonie qui vous pénètre sans votre consentement ? Il la sent effleurer son corps. Ses membres frémissent sous ses caresses gênantes mais irrésistibles. Les pas et les gémissements se rapprochent, et Mr. T, qui s’est toujours cru brave et spirituel, escorte un corps se dérobant au courage à une vitesse presque irréelle. Désormais réfugié dans sa voiture qu’il essaie en vain de faire démarrer, il se remémore cette histoire oubliée que petit il avait maintes fois entendue.ghost-1661252_1920

La légende dit qu’au siècle dernier, une certaine Lucinda avait rendez-vous avec son fiancé sur ce lieu. Elle était venue, elle avait attendu et il ne s’était pas présenté. L’amoureuse désenchantée avait cru bon de se jeter du haut d’une colline. Son fantôme hanterait les lieux depuis. Dites son prénom à trois reprises et elle vous apparaît.

-Au nom de Jésus, esprit de Lucinda je te chasse, va au loin, disparais je te l’ordonne, assène le pasteur encore et encore.

Soudain, surgit des bois un être longiligne et squelettique à l’interminable chevelure rousse. Nuit noire, pleine lune, esprit féminin, robe blanche ensanglantée, le plateau est dès lors prêt pour le tournage de ‘Nuit d’horreur sur la neige endormie’.

-Lucinda ? S’étrangle l’homme. Mais je ne l’ai pas appelée, je ne l’ai pas appelée, pas même une fois.

Bien sûr qu’il l’avait appelée, plus d’une fois, et même trois fois. Mais prière et maths ne font pas bon ménage.  Lucinda se dirige vers lui, fébrilement, assurément. Elle plaque ses deux mains et sa tête éclatée sur le pare-brise de la voiture en panne. Sa bouche d’où coule la bave et le sang s’élargit. Grondements effrayants, incantations diaboliques, mots de malédictions…rien de tout cela n’est déversé.

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-Au secours, il va me tuer. Aidez-moi.

C’est bafouillé, c’est murmuré, c’est étouffé. Ce qui ne parvient pas aux oreilles, les yeux peuvent l’entendre, il suffit d’avoir le cœur ouvert. Mr. T en a maintes fois fait l’expérience. Alors son âme s’affranchit, la peur peut aller voir ailleurs. Il ouvre sa portière afin de porter secours à la malheureuse.

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Un vrombissement lointain, puis une voiture de course s’impose au travers de la route. Elle libère un gringalet armé. Le nouveau venu se dirige directement vers la femme en détresse, la saisit par les cheveux, et lui tire une balle dans la tête. Elle exécute la danse de la mort par-dessus le capot et disparaît du champ de vision du pasteur. Le tueur s’avance et braque son arme sur William T. Il tire une fois. Deux fois. Trois fois. Quatre fois. Il s’énerve, puis allonge une flopée de jurons. Son arme, les femmes et le président en prennent pour leur grade.

– C’est une Bible là sur ton siège ?  Remarque t’il. Tu penses que Dieu vient de te sauver, n’est-ce pas ? J’ai juste oublié de recharger mon arme. Je vais retourner à ma voiture, nourrir ce pistolet, et revenir te buter. Je suis le bras de l’esprit de mort ce soir et, tu ne vivras pas de miracle.

Chacun accueille à sa façon la faucheuse quand elle se présente. William T. admet que c’est toujours perdu d’avance, et que la meilleure des choses à faire, c’est de se laisser faire.

-Il n’y avait plus de balle, continue le gringalet hystérique en pointant son arme sur sa propre tempe. Regarde, il n’y avait que dalle.

Le coup part. Le méchant s’effondre. L’esprit de mort, cet infâme traître, vient de s’arracher le bras. Ce n’est pas étonnant, il en a des millions d’autres à son service. Il faut quelques secondes au pasteur pour apprécier à sa juste valeur l’instant surréaliste qu’il vient de vivre.  Il sort de son véhicule et se précipite vers la voiture du défunt pour récupérer l’enfant pétrifié que l’on avait emprisonné à l’arrière. Il le porte à sa Ford Ranger.  Elle s’éloigne en abandonnant à la neige deux corps désormais vidés de leurs âmes. William T a vécu plus d’un miracle ce soir. Finalement, quand la faucheuse se présente, la meilleure des choses à faire n’est pas de se laisser faire : son patron peut changer son plan.

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Le garçon a dix ans et il s’appelle Dan. La veille, son père s’est tiré une balle dans la tête après avoir tué sa mère et, selon l’assistance sociale, il est désormais sans famille, aucune. Le malheur des enfants et tout ce qu’il y a dedans est insupportable au plus haut point. Le révérend et son épouse se sentent poussés par l’esprit à prier pour l’orphelin. Ils décident après une nuit d’intercession de le prendre chez eux. L’agrément de famille d’accueil leur est accordé en une semaine, quand son obtention, sans intervention divine, prend en général entre un et six mois.

Le couple pastoral est agréablement surpris. Le nouveau venu évolue tel un jeune page sage, à l’opposé des six vikings qu’ils ont conçus. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un coup de fouet ne vienne calmer leurs ardeurs.

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Au bout de six mois de cohabitation avec Dan, la famille décide de l’adopter. Le petit orphelin devient officiellement le huitième enfant des T, deux ans après le décès de ses parents biologiques.

C’est là que les choses vont changer. Sitôt adopté, Dan se manifeste moins page, moins sage. Avait-il caché sa vraie nature dans le seul but d’échapper au destin misérable préparé d’avance pour les sans famille ? Qu’à cela ne tienne, l’information importante est celle-ci : il fait désormais autant de bêtises que ses frères, mais n’est jamais puni. Les vikings ne vont pas tarder à réclamer justice.

-Papa, pourquoi tu ne donnes jamais de fessée à Dan et que tu fais la guerre à nos popotins à nous ?

-Si vous savez que vous méritez vos fessées, répond leur père, qu’est-ce-que ça change pour vous qu’il en reçoive ou pas ?

Faire de l’esprit, rien de mieux quand on veut esquiver une question gênante. La vérité est que dans la vraie vie Mr. T a pitié de Dan. Une telle  faiblesse ne doit en aucun cas être révélée aux enfants, parce qu’ils pourraient avoir envie de l’exploiter. L’adopté avait vécu dès la naissance avec un père extrêmement violent. Il avait eu son lot de bastonnades et son nouveau papa ne se sentait pas la force d’en rajouter. Cette compassion inéquitable, ou peut être cette entorse à ses principes d’éducation, fait naturellement le lit des petits diablotins invisibles dont le but est de souffler à nos petits génies les idées de bêtises les plus ingénieuses. Et si tu coupais les moustaches du chat ? Et si tu faisais pipi dans la gourde d’eau de ton frère ? Et si tu disais à cette mariée trop joyeuse qu’elle a un visage de sorcière ? Et si tu informais ce prédicateur orgueilleux que son message était nul à c…

-Tu as entendu ce que Dan a dit ? S’étonne encore une fois un des frères. Et papa n’a rien dit.

-Et moi j’ai été puni pour avoir rapporté une BD non chrétienne à la maison, renseigne un autre.

Alors, arrive ce qui devait arriver : une convocation d’urgence à l’école au sujet d’un petit criminel qui sévissait dans l’établissement depuis deux journées. Il se dissimulait dans les toilettes des filles, et quand une dans le besoin soulevait son uniforme, il passait une espère de bâton souple à bout pointu par le bas de la porte surélevée, lui piquait les jambes et toute peau à nu, avant de prendre la fuite. On venait de mettre la main sur le malfaiteur, et Anita A. la directrice savoure l’instant.

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-Mr. T, vous êtes révérend, vous possédez un titre pompeux en éducation familiale, et vous n’enseignez pas à votre fils la révérence envers les femmes. Voilà où mène la misogynie religieuse. Honte à vous ! On parle de délinquance sexuelle !  Cette histoire ne s’arrêtera pas là, vous pouvez compter sur moi.

La directrice christianophobe en profite pour régler ses comptes, ça saute aux yeux. Le pasteur se sent néanmoins humilié, diminué, et il n’est pas sans crainte. Cet acte qualifié d’attentat à la pudeur peut mettre la famille dans de beaux draps : assistance sociale aux trousses, protection de l’enfance sortant les griffes, CIA tirant les ficelles, FBI révélant les dossiers de son père pédophile, le psychologue commis d’office le soupçonnant d’en être un, ses enfants placés, la peine de mort, la chaise électrique…On est aux USA, le pays de tous les possibles.

Une fois à la maison, il convoque Dan dans la chambre de punition. Les frères jubilent. A peine a-t-il son bâton de correction entre les mains qu’il se sent comme un tortionnaire. N’est pas roi qui veut. Et puis ce sentiment qu’il ne comprend pas refait surface, cette peur de ne pas être aimé par l’adopté qui, selon l’assistance sociale, éprouvait pour son père biologique une répulsion à la hauteur de la violence reçue.  Le petit voyeur s’en tire encore une fois avec quelques remontrances et un enseignement biblique sur la pudeur. Le père a rétrogradé. Les frères capitulent.

Un 31 octobre à presque minuit, le moteur de la Ford Ranger 1 vieillie s’assoupit devant la grande maison familiale des T.  Elle a trois ans et déjà 165.000 kilomètres au compteur. Le pasteur pense à la douceur de s’abandonner aux bras de Morphée sous la couette douillette et parfumée. Il faut vite oublier ce weekend éprouvant.  Un groupuscule de libertins protestataires avait plusieurs fois fait irruption au séminaire qu’il avait organisé dans son église en criant : « la fessée est un crime, les ‘fesseurs’ en prison ».

-Alors, une fessée au ‘fesseur’ ?

Le pasteur tressaillit légèrement. Un individu en tenue de clown l’attend devant la porte d’entrée. Il se donne un air effrayant avec sa tête baissée, légèrement penchée sur l’épaule, et son fouet balayant l’air.

-Vous êtes sans doute l’un des protestants du séminaire, pouffe Mr. T. Je suis épuisé et je n’ai ni l’envie ni le temps de jouer.

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-Qui vous a dit que nous voulions jouer ?

Le pasteur se retourne pour faire face à une figure nettement plus effrayante tenant une ceinture. Il se sent faiblir. Les deux clowns n’en sont pas dupes. Ils se mettent à sautiller, puis, tournant autour de leur proie, ils scandent « enlève ta culotte que l’on te fesse, enlève ta culotte que l’on te fesse ».  Mr. T n’a plus la possibilité de soupçonner un gag, il est gagné par la peur. Ces activistes anti-tout sont capables des pires saloperies ; Comme les anti-viande masqués qui avaient, le mois précédent, contraint l’éleveur du coin à avaler deux kg de viande crue. L’honneur et la responsabilité lui interdisent d’appeler au secours, sinon il réveillerait sa famille endormie, et les mettre en danger est la dernière chose qu’il a envie de faire. Une meilleure idée lui vient : s’évader, courir, se sauver. Vers l’infini ou plus près : la maison du voisin dans laquelle se tient actuellement une veillée de prière.

-Alors une fessée à la pioche ça vous dit ?

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Un autre individu a surgi des bois et interrompu la course à peine entamée. Les trois bouffons maléfiques, déterminés à exécuter leur plan, encerclent Mr. T en gazouillant : « ôte ta culotte que l’on te fesse, ôte ta culotte que l’on te fesse ». Quand on ne sait pas à quel saint se vouer, accepter son destin reste la meilleure des choses à faire.

-Je ne bouge plus, faites vite ce pour quoi vous êtes venus. Je l’accepte, mais ne comptez pas sur moi pour baisser le pantalon, leur cria l’homme de Dieu.

-Joyeux Halloween papa !

Le révérend n’en croit pas ses yeux.  Il découvre à l’intérieur des clowns ‘fesseurs’ les deux fils de 19 ans du voisin et le cerveau de la farce, son fils Dan lui-même. Cette fois les bornes ont été largement dépassées : participer à une fête satanique interdite dans la famille, sortir de la maison la nuit à l’insu de sa mère, et exposer son propre père à l’opprobre ; trois chefs d’accusation qui méritent punition.  Déterminé à calmer les petits diablotins invisibles qui ont soufflé à son fils cette idée nauséabonde, l’homme de Dieu traîne Dan jusque dans la chambre de discipline, ouvre le placard, prend la verge de correction, et s’applique à lui botter correctement les fesses. Les cris du bouffon déchirent le cœur de Jane T et de sa petite dernière.  Les six frères sont partagés entre ricanements moqueurs et ricanements nerveux. Le père de famille, quant à lui, fait face à un tout autre combat : la gestion d’émotions inconnues et inattendues. Il doute pour la première fois pendant qu’il sévit : est-il animé par l’amour ou par la rage ?  Après trente secondes qui correspondent à l’éternité pour un postérieur flagellé, le bourreau dépose les armes. Il ne ressent pas l’habituelle satisfaction du devoir accompli. Du soulagement ? Peut-être. De la honte ? Cela se pourrait.  Il s’effondre, vidé par ce trop-plein d’émotions ruisselant entre ses doigts. Le supplicié se relève, fixe le tortionnaire droit dans les yeux et se jette sur lui. Le papa a la peur de sa vie : ‘ça y est, c’est parti, il va me détester, ce que j’ai craint va m’arriver’ pense-t-il. Mais Dan va le dérouter une fois de plus.

-Oh merci papa, gémit le garçon fou de joie. Merci, hurle-t-il en lui offrant mille étreintes.  J’attendais cela depuis longtemps. Je sais maintenant que je suis l’un de tes fils, je suis ton fils.

Il claironne en courant à travers la maison.

-Je suis de la famille, j’ai eu ma fessée, youpi.  Je suis bien son fils, j’ai eu ma fessée, youpi.

Ses frères s’inquiètent pour sa santé mentale : quand eux font le tour de la maison en courant, c’est pour se refroidir le derrière endolori.

Jane T réunit sa petite famille autour d’un goûter de minuit improvisé. Pourquoi user de torture quand avec une glace et une galette on peut obtenir le résultat attendu ? Passez donc le message aux services secrets. Dan dévoile les circonstances l’ayant poussé à surpasser les vikings dans ce que le monde adulte qualifie de bêtises.  Le dimanche avant son adoption officiel, son futur papa avait prêché sur Hébreux 12 :7 (quel est le fils qu’un père ne châtie pas ?). L’enfant avait retourné le sermon dans tous les sens pour en démêler un adage flambant neuf : ‘qui ne châtie pas bien n’aime pas bien’ ou ‘qui n’aime pas bien ne châtie pas bien’, il ne sait plus trop dans quel sens il l’avait saisi.  Ses frères fouettés et lui épargné, il ne lui en fallut pas plus pour douter de sa légitimité. « Cela veut dire que je reste un orphelin à ses yeux ? » « Alors il ne me voit pas pleinement comme un fils ? » Pour en avoir le cœur net, il ne trouva rien de mieux à faire que de repousser sans cesse les limites pour atteindre l’inconcevable.

-Je voulais qu’enfin tu me corriges comme un père corrige son fils, conclut-t-il sous les yeux médusés de sa fratrie.

Quand vous lisez que la folie est attachée au cœur de l’enfant, croyez-le, les diablotins invisibles n’y sont visiblement pour rien.

La confession de Dan ressemble à une prime divine accordé à Mr T pour bons résultats. Son esprit n’arrive pourtant pas à s’y faire. Toujours troublé, le père de famille tourne dans son lit, faisant du pied à Morphée qui refuse de lui accorder une seule seconde de sa paix. Il ignore à ce moment là que le petit matin lui apportera un cadeau divin. Il le déballera lors de sa méditation biblique. Il entendra cette vérité effrayante résonner dans son cœur : ses enfants se souviendront plus tard de son amour qu’à travers la loi du bâton de correction. Autant dire qu’il aura raté sa vie.

Depuis, les six vikings apprécient chaque jour le repos non mérité accordé à leurs postérieurs. Tous sont enchantés du retour de Dan au royaume des pages sages, qu’au fond il n’avait jamais quitté.

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Très peu d’hommes de Dieu ont le courage de corriger leur passé ou leurs erreurs de manière frontale. William T est d’une autre trempe. Le conférencier sillonne désormais les Etats-Unis pour déterrer toutes les graines qu’il a semé à travers le pays ; exercice périlleux et décrié par ses paires. Mais quand flanche son cœur et faiblissent ses jambes, il s’appuie sur sa verge de correction devenue depuis, bâton du berger.

Ami Rougé pour theamijournal.com

 

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(Matt 18:12-14) « Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée ? Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits.

Autopsie de la reconnaissance :  quand l’ingratitude a bon dos.

Ecrit par Ami Rougé

Dans nos interactions les uns envers les autres, il arrive que nous nous fassions du bien, que nous nous offrions des cadeaux, que nous nous rendions des services, et nous attendons de la reconnaissance des uns envers les autres. L’ingratitude est le contraire de la reconnaissance. L’ingratitude fait mal, l’ingratitude blesse, l’ingratitude peut tuer, l’ingratitude est une trahison, l’ingratitude est un poignard dans le dos, l’ingratitude d’un ami est pire que les attaques d’un ennemi. Mais l’ingratitude a aussi bon dos.  S’il est vrai que nous devons être reconnaissants pour l’amour, la gentillesse, les efforts, les cadeaux et les services que nous nous rendons les uns aux autres, force est de reconnaître que dans cette société en quête de reconnaissance nous taxons trop facilement les autres d’ingrats. Les récits de reconnaissance semblent plus rares que les récits d’ingratitude. Quelqu’un s’est interrogé ainsi : « la reconnaissance est décédée ; je me demande pourquoi les gens sont de plus en plus ingrats ? » Vous êtes-vous déjà posé une question similaire ?  Oui ? Alors je vous invite à combattre ce que j’appelle le syndrome de la poutre en posant la question autrement : je me demande pourquoi je trouve de plus en plus que les gens sont ingrats. C’est autour de l’histoire secrète de la famille Igrecque que nous allons broder.

Il y a de cela quelque temps j’ai été témoin lointain d’une situation qui a fait voler toute cette famille en éclat. Je précise qu’il s’agit ici d’une famille dans les proportions africaines. Un membre de cette famille avait décidé de poser un acte de générosité envers un deuxième membre de la famille. Et d’autres membres de la famille ont considéré cette initiative comme de l’ingratitude envers un troisième membre de la famille. Comment une pratique aussi merveilleuse que la générosité pouvait-elle être prise pour de l’ingratitude d’un autre point de vue ?  Ils ont déterré les vieilles histoires de personnes décédées, de services rendus ou refusés, de gratitude ou ingratitude etc. Et ils se sont fait la guerre.  Pourquoi cette famille s’est-elle détruite ? Comment nous sert-elle de contre-exemple ? Le but ici est de découvrir si vos attentes en matière de reconnaissance sont celles de Dieu, celles du monde ou celle de votre chair.

1.Ils avaient leur propre vision de la reconnaissance.

Oui quand vous avez votre propre vision de la gratitude vous pouvez ne pas la voir là où elle s’exprime. Il nous arrive de trouver des personnes ingrates parce qu’elles ont manqué de manifester leur reconnaissance de la manière dont nous nous attendions à ce qu’elles le fassent. Voici trois exemples d’illustration.

  1. Une mère s’occupe seule de son garçon après la désertion de son mari. Une fois adulte le fils se réconcilie avec son père et décide d’en prendre soin matériellement. La maman, si elle a ses propres critères de gratitude, pourra considérer que son fils est un ingrat après tous les sacrifices qu’elle a consentis seule pour en faire un homme indépendant. Si elle est objective, elle comprendra que s’occuper de son père ne fait pas de son fils un ingrat vis-à-vis d’elle. L’ingratitude aurait été de ne pas s’occuper de sa mère qui a tout fait pour lui. S’il prend soin de sa mère il n’est pas ingrat même s’il prend soin de son papa autrefois absent.

2. Un pasteur donne sa vie pour une brebis au point de s’en occuper avec amour comme de son propre fils. La brebis un jour ne trouve plus auprès de ce pasteur ce dont elle a besoin et décide de s’en aller brouter ailleurs. Le pasteur déçu peut interpréter cela comme de l’ingratitude. Se détacher afin de trouver mieux à un moment donné de notre croissance spirituelle n’est pourtant pas de l’ingratitude. L’ingratitude serait de partir en disant du mal du pasteur comme s’il n’avait jamais rien fait de bon.

3. Une femme sert d’entremetteuse entre son ami homme et son amie femme. Il finit par la demander en mariage. Ils choisissent leurs 4 témoins. Puisque l’entremetteuse n’en fait pas parti elle trouve les amoureux bien ingrats. En tant que témoin de leur rencontre elle pense avoir le droit d’être témoin de leur union.  En mettant son orgueil blessé de côté elle pourra réaliser que les futurs mariés sont très reconnaissants car ils n’arrêtent pas de raconter à qui veut l’entendre que c’est grâce à l’entremetteuse qu’ils se sont aimés. Cette dernière est amère car ses standards de gratitude ne sont tout simplement pas les bons.

Lorsque vous avez votre propre vision de la reconnaissance, vous ouvrez grand la porte à la déception, à la frustration et à l’amertume.  Le service rendu qui devait vous unir à l’autre devient alors le facteur qui vous divise.

2.Ils ont donné à la reconnaissance un caractère perpétuel

Quelques fois à partir du moment où vous rendez service à une personne, elle prend ‘perpét’. Elle vous a déjà remercié, elle vous a aussi rendu un service plus tard. Mais en 2019, vous racontiez encore comment vous avez payé son loyer en 1997 et vous ne comprenez pas qu’elle puisse hésiter à vous rendre service en 2020.  Que dire de ceux qui pensent que la gratitude pour service rendu est extensible ou transgénérationnelle ? La sœur doit être reconnaissante pour le service rendu à son frère, ou le petit-fils doit éprouver de la gratitude pour service rendu à sa grand-mère, alors même que ça ne le concerne ni de près ni de loin. Vous ne permettez pas au bénéficiaire et aux siens d’oublier un seul instant qu’à un moment de sa vie vous avez répondu présent. Vous voulez que comme la sortie d’Egypte votre bienfait soit raconté sous toutes les formes littéraires, de génération en génération. Et que l’on vous remercie encore et encore. Ce genre d’attitude pousse l’autre à regretter d’avoir un jour reçu de vous. Vous transformez votre bienfait en fardeau. Nous devons en tant que chrétiens intégrer une chose :  on est reconnaissant à Dieu de manière continue car il nous offre la vie de manière éternelle. On est reconnaissant à l’homme de manière temporelle car il nous rend un service temporel.

3. Ils ont confondu reconnaissance et redevabilité

Si vous pensez que donner à quelqu’un revient à ce qu’il ait envers vous une dette au minimum psychologique ou affective , c’est que vous confondez reconnaissance et redevabilité.

Le mot redevable a plusieurs significations. L’utilisation qui nous intéresse répond à la définition suivante :  Nous sommes redevables à une personne qui nous a rendu service lorsque nous sommes obligés de rendre service en retour à cette personne le jour où elle nous le demande.

Le pire mal que l’on puisse faire à la reconnaissance c’est de la confondre avec la ‘redevabilité’. Une personne redevable est une personne qui n’a pas encore payé quelque chose. Une personne reconnaissante est une personne qui réalise le bien qu’on lui a fait. La ‘redevabilité’ est une obligation et la reconnaissance est un choix. La gratitude procure du plaisir là où la ‘redevabilité’ met un joug. La ‘redevabilité’ asservit et la reconnaissance libère.

Un bienfaiteur peut vous manipuler au point de vous faire croire que votre absence de sentiment de ‘redevabilité’ équivaut à de l’ingratitude. La personne qui se sent redevable s’expose à la servitude et à la domination de l’autre qui peut la maintenir dans une relation abusive.  Comme cette maman qui a été accueillie par son frère lorsque son mari l’a mise à la porte avec ses filles. Lorsque ses filles ont été abusées par son frère, parce qu’elle a confondu reconnaissance et ‘redevabilité’, elle n’a pas osé porter plainte contre lui. Une jeune fille de 16 ans a eu une démarche inverse. Hébergée par sa sœur elle a été violée par le mari de cette dernière. Elle a porté plainte malgré la farouche opposition de toute sa famille. Sans surprise, elle a été rejetée et traitée comme une ingrate n’ayant pas reconnu à sa juste valeur le service rendu par sa sœur.  Elle leur a répondu ceci : « je suis reconnaissante à ma sœur de m’avoir offert un toit, mais le viol et le vol de ma virginité n’était pas sur le contrat moral du service rendu. » Elle avait tout compris.

L’ingratitude équivaut à voler dans la maison d’une personne qui vous a gentiment hébergé alors que sans travail vous étiez à la rue. La ‘redevabilité’ c’est de se sentir obligé de rester quand cette personne dit avoir besoin de vous pour garder ses enfants, alors même que vous avez enfin trouvé un travail à 200 kilomètres de là. L’ingratitude c’est arriver tous les jours en retard au travail que votre oncle a eu du mal à trouver pour vous dans la société de son meilleur ami. La ‘redevabilité’ c’est se sentir obligé de faire les courses de cet oncle tous les week-ends sachant qu’avant de vous trouver ce poste il ne vous avait jamais imposé les courses.

Lorsque vous rendez service à quelqu’un et que vous omettez de lui préciser que vous attendez de sa part un contre-don, ce n’est pas un service : c’est un piège.

La reconnaissance est un acte d’humilité et elle est supérieure à la redevabilité.

Alors en tant que chrétiens, comment devons-nous rendre service pour éviter les fruits pourris que sont l’amertume, la frustration, l’aigreur, la peur de donner à nouveau, la méfiance, le regret, les remords etc.

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Les solutions se trouvent dans la Parole de Dieu.

  1. Vous rappeler que vous n’êtes pas Dieu. N’étant pas Dieu vous ne pouvez pas exiger des autres plus que lui-même n’exige. Pourquoi auriez-vous le droit de pousser l’autre à vous être reconnaissant, voire redevable ? Dieu déverse ses nombreux bienfaits dans nos vies et même s’il souhaite que nous lui soyons reconnaissants et qu’il hait l’ingratitude, j’ai vu des ingrats recevoir des bénédictions de sa part, encore et encore.

 

2. Donner comme pour le Seigneur: Il est écrit dans Colossiens 3 :23 “tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur comme pour le Seigneur et non pour des hommes “. Oseriez-vous demander à Dieu de vous manifester de la gratitude ? Non. Alors donnez à l’autre comme si vous donniez à Dieu et vous ne serez jamais déçu.   Rendre service c’est comme planter une semence pour la croissance de l’autre. Vous plantez dans la vie de l’autre ; c’est par conséquent dans sa vie que les fruits visibles doivent pousser, pas dans la vôtre. Si vous récoltez de l’homme l’ingratitude ou la traitrise, Dieu évalue toujours vos actions à leur juste valeur.

3. Se rappeler que la louange revient à Dieu. Lorsque vous rendez un service, il est important de ne pas oublier que la louange et la gloire doivent toujours revenir à Dieu. Le bénéficiaire peut vous remercier, mais vous n’êtes qu’un canal du Créateur pour sa bénédiction. S’il remercie Dieu, c’est suffisant. Libérer ceux à qui vous rendez service est un acte spirituel d’une grande portée. Essayez donc le « Tu ne me dois rien » libérateur et mettez un point d’honneur à adopter l’attitude qui va avec. Cela procure un exquis sentiment de bonne conscience. Cela permet aux bonnes âmes pleines de gratitude de profiter pleinement de votre don, sans gêne, sans souffrance et sans se sentir redevables.

4. Donner c’est avoir déjà reçu. Paul nous rapporte dans Actes 20 :35 une parole du Seigneur : il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Ce verset est le BEABA de ceux qui ont entrepris de rendre service aux autres et qui ne veulent pas en souffrir. Il vous assure que votre don vous procure un bonheur plus grand que le plaisir de celui qui le reçoit ; Il vous informe que recevoir la reconnaissance du bénéficiaire ne vous donnera pas un plaisir plus grand que celui que vous retirez de votre geste. Vous êtes déjà comblé en donnant et le merci de l’autre ne rendra pas votre don plus plaisant aux yeux de Dieu. Votre don suffit à vous faire entrer dans les hauteurs du plaisir divin. Si l’autre réussit grâce à vous, vous pouvez y trouver votre satisfaction même sans un merci de sa part.

5. Et si vous travailliez sur votre propre reconnaissance ?  Il est commun de mettre l’accent sur l’ingratitude des autres et de ne jamais reconnaître la nôtre ou de la justifier. Gérard de Nerval a dit : il n’y a qu’un seul vice dont on ne voit personne se vanter, c’est l’ingratitude. Si vous avez (trop) besoin de reconnaissance, si vous êtes en mal de reconnaissance, si vous êtes frustré de ne pas recevoir autant que vous pensez mériter, sachez qu’une ombre plane sur votre propre sentiment de gratitude envers Dieu. Se plaindre des autres c’est se mettre dans une posture d’ingratitude vis-à-vis du Seigneur.

Au lieu d’attendre la reconnaissance de la part des autres il est peut-être temps de travailler sur votre propre reconnaissance.

Comment travailler sur sa reconnaissance ?

  1. Ne plus se sentir redevable. Je clarifie encore : la gratitude n’est pas la ‘redevabilité.’  Si vous êtes tombé dans le piège d’un bienfaiteur qui par son cadeau secrètement empoisonné vous pousse à être redevable pour ce qui au départ était clairement un service gratuit, osez vous libérer !  Dans Luc 17 versets 11 à 19, Jésus guérit 10 lépreux. Un seul revient vers lui pour manifester sa reconnaissance. Jésus semble attristé de l’attitude des autres, mais il ne va pas les chercher par le col pour exiger d’eux la reconnaissance. Si vous sentez une pression de l’autre, si vous avez les moyens de rendre pour être libéré, faites-le. Si vous n’avez pas les moyens de rendre libérez-vous spirituellement , mentalement et si possible physiquement.  Tant que ce n’était pas une dette, tant que cela n’avait pas été spécifié, tant que ce n’était pas un accord tacite, l’autre n’a pas à attendre un contre-don de votre part. Libérez-vous du joug de la servitude, sans culpabilité.

Il arrive aussi de se mettre soi-même sous le joug de la ‘redevabilité’ alors que celui qui nous a rendu service ne nous demande rien. Dans ce cas, posez vous les questions suivantes :  Pourquoi je me sens redevable sachant que mon bienfaiteur a agi de bon cœur ?  Est-ce le manque d’assurance, la peur, mon propre cœur hypocrite et méchant, ou mon orgueil qui m’impose de rendre la pareille afin d’effacer le service rendu et de me retrouver sur le même pied d’égalité que le bienfaiteur initial ? Sondez vos propres motivations et demandez la guérison à Dieu. Quelque fois nous aimons nous sentir redevables pour éviter d’être pleinement reconnaissants.

2. Travailler sur votre propre reconnaissance en étant reconnaissant. Colossiens 3 : 15 (soyez reconnaissants) ne s’adresse pas à votre frère ou à votre sœur, mais à vous premièrement. Vous voulez que les autres vous soient reconnaissants ? Soyez reconnaissants d’abord. Matthieu 7 :12 nous dit : “tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous faites-le également pour eux.”

Au lieu de comptabiliser les manquements des autres il est temps d’apprendre à être plus reconnaissant et de vous y appliquer avec soin et délicatesse afin de ne pas devenir l’ingrat des autres.

Vous voyez la sensation de plénitude qui vous manque lorsque vous pensez faire les frais de l’ingratitude ? Mesurez que quelqu’un d’autre peut ressentir la même chose parce qu’il n’a pas reçu de votre part la reconnaissance qu’il était en droit d’attendre. 2020 peut être l’année de la reconnaissance : revenir sur vos ingratitudes passées et les réparer d’un « pardon », d’un cadeau, d’un « merci », d’un acte de gentillesse, d’un témoignage qui met l’autre en avant etc. Mieux vaut tard que jamais, nous dit l’adage. Même si l’autre avait une vision erronée de la reconnaissance, à partir du moment où vous prenez conscience de sa souffrance par rapport à votre ingratitude supposée une clarification dans l’amour peut être nécessaire.  Par vos actes de reconnaissance vous pouvez être un canal pour la guérison de l’autre.

Embellissez votre propre jardin au lieu de regarder les mauvaises herbes qui poussent chez le voisin. Offrez-lui une magnifique vision de votre jardin, peut-être lui donnerez-vous l’envie de faire de même.

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Bonne année 2020 à tous.

theamijournal.com

 

 

 

 

 

 

 

Série : Jésus pionnier de l’émancipation féminine : Les dessous du débat sur le vêtement de la femme chrétienne.

Versets de référence :

1 Pierre, Chapitre 3
1Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n’obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, 2en voyant votre manière de vivre chaste et réservée.3Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt 4mais la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu.5Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris,6comme Sara, qui obéissait à Abraham et l’appelait son seigneur. C’est d’elle que vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte.7Maris, montrer à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu’il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières.

1 Timothée 2 : 9-10 « De même, que les femmes soient revêtues d’une parure décente, avec pudeur et modestie, non pas avec des tresses et de l’or, ou des perles, ou des vêtements somptueux, mais avec de bonnes œuvres, ce qui convient à des femmes qui affirment honorer Dieu. »

Auteur : Ami Rougé

Introduction :

A ma conversion à Christ, mon premier choc émotionnel fut la découverte du combat contre le pantalon féminin. 25 ans après, le débat sur les tenues des femmes chrétiennes n’a toujours pas pris fin. Il s’est surtout amplifié. D’un côté se tiennent ceux qui attaquent : les censeurs, et de l’autre ceux qui défendent : les libéraux. Chaque groupe ayant ses sous-groupes : extrêmes, modérés, centristes etc. Certains disent oui au pantalon et non au décolleté, d’autres disent non au pantalon mais oui aux perruques, d’autres encore disent oui au voile et oui à la mini-jupe etc. Dans tous les cas, l’apparence physique des femmes déchaine les passions et semble remporter la palme d’or des discussions évangéliques…plus important que la pédophilie, plus digne d’intérêt que les chrétiens tués en Orient pour leur foi, et plus utile que le problème des femmes battues…
Après 25 ans en tant qu’auditrice des joutes verbales entre libéraux et censeurs je vous expose ici les réflexions qu’elles m’ont inspirée. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre, ou de dire à la femme comment elle devrait s’habiller, chacun rendra compte tout seul pour lui-même devant son créateur. Mon but ici est d’analyser la manière dont les débats sont menés des deux côtés, et de pointer du doigt les arguments et contre-arguments qui dérangent.

Plan :

Introduction

I. Analyse des propos des censeurs
1- Un débat violent
2- Un débat qui manque d’éthique
3- Un débat qui affecte les écritures
II. Analyse des réponses des défenseurs
III. Et Jésus dans tout cela ?
Conclusion

I. Analyse des propos des censeurs
1) Un débat violent

Le débat est rendu violent par l’utilisation d’un langage inapproprié

Alors que Paul et Pierre ont employé dans 1 Timothée 2  et Pierre 3 un langage respectueux, honorable, révérencieux, et doux, la plupart des personnes qui critiquent l’apparence physique des femmes chrétiennes usent d’un langage déplacé, moqueur, souvent lapidaire, quelques fois violent, et toujours réducteur. Les commentaires sont totalitaires, arbitraires, légers et insultants. Je n’ai jamais entendu dans ces débats un discours du genre : « femmes vous n’imaginez pas combien un vêtement digne est le reflet de votre beauté intérieure, combien ça honore le Christ que vous soyez convenablement couvertes, combien il se réjouit que votre tenue reflète sa pureté, vous êtes plus belles naturelles que maquillées etc. » Il est plutôt commun d’entendre : « femme arrêtez d’être des séductrices et de faire tomber les hommes avec vos tenues de païennes, votre maquillage de prostituées, vos bijoux de sirène des eaux. Les musulmanes vous surpassent en sainteté. Vous irez en enfer. » Ils ont fait de l’apparence physique de la femme une condition de salut au mépris de la vérité divine.
Il me vient alors deux images lorsque je les lis ou entends : de la salive projetée sur les paroles de Paul et de la boue renversée sur les phrases de Pierre.

Le débat est rendu violent car il hypersexualise la femme chrétienne

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Femme juive ultra orthodoxe au 21ème siècle

Lorsqu’on parle d’hypersexualisation du corps féminin, on accuse en général tous ces gens qui se plaisent à exposer la nudité de la femme. Mais réalisez-vous que ceux qui veulent couvrir la femme à l’étouffé sont aussi coupables d’hypersexualisation ? Quand un homme trouve qu’un coude de femme ou un vernis à ongles est un acte de séduction qui peut le faire tomber dans le péché, il y a un problème évident d’hypersexualisation maladive. Non, le coude n’est pas un organe sexuel et le vernis à ongles n’a pas vocation à vous donner une érection. Je dis souvent que s’ils n’avaient pas besoin de nos mains pour leur préparer des agapes ou de nos voix pour garantir une louange vivante ils exigeraient qu’on les enveloppe. Il est évident que l’on ne peut être hantés à ce point par la couverture du corps des femmes à moins de les considérer comme des objets sexuels ambulants dotés d’un pouvoir irresistible sur le sexe opposé. D’où le besoin frénétique de juger son apparence physique et de la couvrir au maximum afin de protéger les saintetés masculines. Le débat sur le vêtement des femmes chrétiennes est d’une violence inouïe : il colle à la femme une étiquette de tentatrice permanente alors que le péché d’Eve a été réglé en même temps que celui d’Adam : à la croix. Ces hommes agissent aussi comme si le corps de toutes les femmes appartenait à tous les hommes, comme si chacun d’eux avait le droit de juger le corps de chaque femme et d’en faire un champ de mission ou un terrain de combat. Si pour le monde la femme est un objet à découvrir, pour ces chrétiens elle est un objet à couvrir. Objet quand même dans les deux cas.

2) Un débat qui manque d’éthique

Le débat manque d’éthique à cause du deux poids deux mesures.

Si l’apparence physique des femmes chrétiennes déchaine les passions celle des hommes chrétiens ne tient qu’à cette phrase : « l’homme ne portera pas de vêtement de femmes » (Deut 22 :5) C’est tout ? Est-ce vraiment tout ce que Dieu leur demande ? La culture biblique de la pureté vestimentaire ne concerne t-elle donc que les femmes ? Certains censeurs poussent l’offense jusqu’à soutenir qu’il n’est écrit nul part dans la Bible que l’homme doive s’habiller avec modestie et sainteté. Il ne serait donc pas soumis aux mêmes obligations vestimentaires que la femme. Que faire alors de 1 Corinthiens 6 :18, 1 pierre 2 : 11, Ephésiens 5 :3, Ephesiens 5 :5. ? Ces versets exhortent à la pudeur hommes et femmes. Et la pudeur vestimentaire en fait partie. D’autres censeurs avancent que les hommes n’ont pas besoin de faire attention à leurs tenues car cela n’a aucune incidence sur les désirs sexuels des femmes. Ah bon ? La femme n’est-elle pas le sexe faible ? En tout cas c’est ce que Paul écrit.(1 Pierre 3 :7) J’en conclus que si une femme chrétienne ne peut apparaitre ainsi

beautiful-1274056_1920sans créer de polémique et qu’un homme chrétien peut paraitre ainsi

homme peut porter ça

sans susciter le moindre débat, il s’agit plus d’un acharnement de la part des censeurs, que d’une question de pureté. A cause de ces deux poids deux mesures on peut douter de la sincérité du débat sur le vêtement des chrétiennes. Il ne faut donc pas s’étonner du sentiment amer d’injustice que cela crée chez de nombreuses soeurs.

Le débat manque d’éthique parce qu’il déresponsabilise l’homme.

Un pasteur que j’écoute et admire beaucoup a un jour dit, et je résume avec mes propres mots, que lorsqu’un homme voit une femme avec un joli visage et qu’il la regarde une fois ce n’est pas forcément un péché, parce que l’on est naturellement attiré par la beauté. Mais si elle passe devant lui et qu’il se retourne pour la regarder, ce second regard devient péché, car l’homme n’a pas pu résister à la sensualité de la femme. Quoi ? Alors l’homme n’a pas eu le réflexe d’ôter cet œil (Matthieu 5:29) qui était pour lui une occasion de chute, il a laissé sa convoitise (Jacques 1:14) faire son chemin dans son âme et en conclusion la femme est accusée d’avoir dégagé de la sensualité ? La femme est-elle la gardienne de la moralité et de la pureté des hommes ? Aurait-elle d’un côté la nature du péché et de l’autre la mission de l’Esprit Saint ? On oublie trop souvent que c’est à Adam que Dieu a demandé des comptes.

Le débat manque d’éthique parce que les censeurs n’en ont jamais assez

Vous vous couvrez les bras, ils exigent que vous vous couvriez les avant-bras. Vous vous couvrez les genoux, ils veulent vous couvrir les chevilles, vous vous couvrez le torse, ils veulent que vous vous couvriez le cou. Même si vous vous habillez comme les femmes au temps de Jésus, ce ne sera jamais assez pour eux. La preuve, elles portaient des bâches et la société trouvait encore qu’elles étaient trop dangereuses pour se promener seule dans les rues. Certains verront de la séduction dans la manière dont vos mains tournent les pages de la Bible, dans les battements de vos yeux qui admire ses versets, sur les mouvements de vos lèvres qui la lisent, dans les intonations de votre voix qui chante les merveilles de Dieu. Ils trouveront toujours le moyen de vous accuser de leur propre faiblesse.

III. Un débat qui affecte les écritures

Un débat qui affecte les écritures par le manque de profondeur

Combien d’entre eux ne sont-ils pas dans la lettre ? combien d’entre eux font-ils l’effort d’étudier le contexte ? Combien d’entre eux font-ils des recherches linguistiques ? Combien ne sont-ils pas fermés à la réflexion ? Vous aurez beau leur expliquer l’évidence : le pantalon n’existait pas tel quel à l’époque et il y a différentes manières de porter le pantalon aujourd’hui etc.

9416814cc35635be981ae457fdeb84d8                  d579a40766e2f6f1b2704fa32d51d828  100-lin-tunique-femme-collection-printemps-eteIls répèteront encore et encore « la femme ne doit pas porter de pantalon, la femme ne doit pas porter de pantalon, la femme ne doit pas porter de pantalon, enfer, enfer, enfer ! »

Un débat qui affecte les écritures car les censeurs prennent la place de Dieu

De nombreux censeurs associent constamment l’habillement des femmes à l’homme. Vous vous habillez « pur » ? C’est pour ne pas les faire tomber. Bravo. Vous vous habillez « impur » ? c’est pour les faire tomber et pas bravo. Comme si les femmes devaient s’habiller en fonction de l’effet qu’elles ont sur les hommes. Il n’est aucunement  question des hommes dans les passages de référence. Si Pierre mentionne le « mari » (dont Abraham cité en référence) il ne fait pas cas des autres hommes. Ces derniers n’ont de cesse de s’introduire dans un verset qui ne les implique aucunement et prennent de ce fait la place du mari et celle de Dieu. Il n’est pas écrit :« De même, que les femmes soient revêtues d’une parure décente, avec pudeur et modestie, non pas avec des tresses et de l’or, ou des perles, ou des vêtements somptueux, mais avec de bonnes œuvres, ce qui convient à des femmes qui affirment honorer l’Homme . » ni  «Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en l’homme, soumises à tous les hommes, comme Sara, qui obéissait à tous les hommes et les appelait ses seigneurs. »Les censeurs se placent au centre de ces versets en laissant croire que les femmes doivent veiller sur leur tenue vestimentaire afin de ne pas déranger les hommes ou les tenter ; ce n’est pas la pensée de Dieu révélée dans ces versets. La femme chrétienne doit s’habiller avec décence et modestie non pas pour éviter de faire tomber les hommes, mais pour honorer le Seigneur parce que c’est sa volonté. Il s’agit de plaire au Seigneur et non pas de préserver le sexe opposé. Et si l’homme est préservé tant mieux, mais c’est accessoire. La masculinisation de ce débat est une cause majeure de la rébellion qui persiste dans les cœurs de nombreuses femmes qui résistent à ces versets. Il est temps de « démasculiniser » la discussion et de la ramener à la vertu de Christ.

Comment les défenseurs réagissent-ils aux propos des censeurs ?

1. Ils se justifient. Les femmes qui portent des perruques ou qui se maquillent, ou qui s’habillent sexy etc. se sentent souvent accusées et attaquées par les propos des censeurs. Leur réaction est de contre-attaquer parce que blessées. Les pasteurs dont les femmes ou les filles ont une apparence que les censeurs jugent mondaines vont tout faire pour justifier dans leur prêche, leurs femmes, leurs filles ou les femmes de leur église. Ils rendent coup pour coup, verset pour verset. Si vous êtes certains que Dieu ne réprouve pas votre apparence physique quel intérêt de vous justifier devant l’accusateur ? Notre justification propre n’a aucune valeur, seul Christ justifie parfaitement.

2-Ils veulent faire fléchir leurs accusateurs. A trop vouloir convaincre les censeurs, les défenseurs tombent également dans le piège de la déformation des écritures. Les explications sur le fait que le voile ne serait pas obligatoire, sur le ministère des femmes, sur les nombreux éléments bibliques d’ordre culturel etc. semblent quelques fois sortir du chapeau. Autant les censeurs sont à la lettre, autant les défenseurs creusent trop. Dans leur zèle à justifier leurs pratiques ils en arrivent à critiquer Paul au point d’exprimer des doutes à son sujet.  A peine si certains ne considèrent pas l’apôtre comme un imposteur juste parce que leurs femmes enseignent ou ne portent pas le voile. C’est terrible. Ils prennent les phrases de Paul, puis les tournent, les retournent, les contournent, les détournent. Même une cérébrale comme moi en reste bouche bée. A trop réfléchir on court le risque de devenir philosophe. A creuser trop profondément on risque de ne plus pouvoir sortir du trou.

3-Très peu de libéraux se posent la question suivante : et si les censeurs avaient (un peu) raison ? Et si le monde avait plus d’impact sur mon apparence physique que je ne veux l’avouer ?
Peu d’entre eux font la démarche de réfléchir sur leurs réelles motivations. Pourquoi je me maquille ? Pour mon plaisir ou pour séduire ? Pourquoi je ne porte pas le voile ? Parce que je suis convaincue que ce n’est pas une obligation ou parce que j’ai envie de montrer mes beaux cheveux ? etc. Qu’est-ce qui me préoccupe le plus, le regard de Christ ou celui des hommes ? L’honneur du Seigneur ou mon succès vestimentaire ?
Une femme chrétienne fréquentant une célèbre église évangélique est allée acheter des vêtements chez sa voisine et elle a craqué pour ceci.

elle a choisi çaElle est revenue quelques mois plus tard pour choisir un autre vêtement afin de se rendre à une cérémonie familiale de baptême catholique. N’ayant pas trouvé son bonheur, elle a demandé à la vendeuse de se réapprovisionner rapidement. Cette dernière lui répondit ceci : « je n’aurai pas de nouveauté avant ta cérémonie, pourquoi ne portes-tu pas la robe achetée la dernière fois ? » La chrétienne de lui répondre choquée : « Ah non je ne peux pas aller à ce baptême avec cette robe. Je la mets pour le culte du dimanche à mon église. Pour le baptême je cherche un beau tailleur classe de ce genre.  »la-reine-de-jordanieIl ne s’agit pas de porter un jugement de valeur sur  le fait que la robe glamour lui serve de vêtement pour le culte. Chacun fait comme il veut, et si son église le lui permet qui suis-je moi pour en faire un drame ? Mes choix vestimentaires ont sans doute (également ) été source d’émois chez d’autres, les échelles de valeur étant variables. Ce qui interpelle ici c’est cette aisance à déclarer la robe rose indigne d’une réunion famililale, mais convenable pour le culte du dimanche.
La deuxième histoire concerne une femme chrétienne qui se marie. A la cérémonie traditionnelle elle porte cette robe.

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Une semaine plus tard à la mairie elle porte celle-ci.

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Elle arrive pour sa cérémonie religieuse à l’église avec ça.

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Il y a de quoi s’attrister. Il y a de quoi s’émouvoir. Si cette mariée avait porté le même genre de robes à toutes ses cérémonies cela n’aurait pas été aussi malaisant. On aurait compris qu’il s’agissait de son style, de son “mood”. Qu’on apprécie ou pas elle serait dans la continuité. Les variations de style chez cette mariée laissent à désirer car pour la tradition elle a opté pour la modestie,  devant la république elle a choisi la chasteté et en présence de Dieu elle s’est laissée aller au sexy. Quel message a-t-elle véhiculé à toutes les personnes qui ont assisté à ses trois cérémonies ? Christ n’est pas aussi digne que la tradition, il n’est pas aussi digne que le maire. En lui seul je peux me laisser aller.

Qui est le Christ pour nous et qu’est-ce qu’il mérite ? Quelle image de notre Seigneur se dégage de mon apparence physique ? Telles sont les questions fondamentales.

III. Et Jésus dans tout cela ?

Les femmes à l’époque de Jésus s’habillaient toutes de manière plus que décente. Je veux dire par là qu’il n’y avait pas de risque d’avoir un dos dénudé, ou un coude apparent. Malgré cela la société trouvait quand même le moyen de les hypersexualiser. Comment ?
Selon Madame le docteur Zhava Glaser(1) (sources : jewsforjesus.com)
1. Les femmes étaient tenues en haute estime dans l’ancien testament mais dans le nouveau testament leurs droits avaient décliné et leur vie était confiné presque entièrement dans la sphère familiale privée.
2. À l’époque talmudique, les femmes respectables étaient censées rester dans l’enceinte de la maison. La terminologie utilisée pour une prostituée était «celle qui va ailleurs».
3. Si une femme était dans la rue elle devait être accompagnée, il lui était interdit de parler aux hommes et elle devait être lourdement voilée.
4. Un passage talmudique ladécrit comme «enveloppée comme une personne en deuil (faisant référence au revêtement du visage et des cheveux) isolées des gens et enfermées en prison» (Eruvim 100b)
L’attitude de Jésus envers les femmes était opposée à l’ordre et aux craintes de son époque. Il a assaini l’image sexuel des femmes.
Il leur parlait en public et osait même parfois faire le premier pas comme avec la veuve de Naim ou la samaritaine. Il a accepté des femmes comme compagnons de voyages. Il n’a pas vu en elles des potentielles aguicheuses qui ferait tomber les hommes de l’équipe. Il avait un RDV divin avec la samaritaine, et pour se retrouver avec elle, Il n’a pas hésité à éloigner ses disciples parce qu’ils auraient fait « gnangnangnangnan » et il a pris le temps de discuter avec cette femme sans crainte d’être envoutée par sa voix de pécheresse. Lorsque la femme à la perte de sang l’a touché, il savait dans son omniscience ce dont elle souffrait, mais il n’a pas ressenti de dégout. Il a plutôt laissé sa vertu guérir la malade. Il était loin de La Menstruophobie ambiante. Mais le meilleur se trouve dans l’histoire de la femme de mauvaise vie. Celle qui a mouillé les pieds de Jésus de ses larmes, les a essuyés avec ses cheveux, avant de les parfumer. Qui peut croire qu’elle ait fait cela comme on passe une serpillère ? Elle avait des mains de pécheresse et a sans doute fait preuve d’une certaine délicatesse. Agir ainsi envers un homme, qui plus est un Rabbin et en public, vous imaginez la gravité de ses actes ?! La chevelure des femmes…mais c’est l’ile de la tentation pour ces hommes. Jésus a-t-il crié à la sirène des eaux ? Non ! pourquoi ? parce que rempli du Saint Esprit il n’avait aucune convoitise dans son cœur, ses pensées ne pouvaient donc être souillées. Il n’a pas considéré cette femme ni toutes les autres comme des personnes à accuser ou à craindre, mais plutôt comme des êtres humains ayant besoin d’être couvertes par sa pureté. N’est-il pas l’exemple à suivre cher frère, cher monsieur ?

Conclusion

Les femmes chrétiennes doivent savoir que quand il marchait en tant qu’homme sur la terre, Jésus a assaini l’image de la femme. Il a montré aux pharisiens que c’étaient eux qui avaient un problème. A la croix il n’a pas seulement réglé le péché d’Adam, il a aussi réglé le péché d’Eve une fois pour toutes. Votre identité n’est plus séductrice potentielle. Votre identité n’est plus tentatrice permanente. Christ n’est pas mort pour des objets. Il est donc indispensable de refuser de vous laisser traiter comme tel que ce soit par les « dénudeurs » ou les « couvreurs.»  Si c’est l’avis et le jugement des hommes qui vous préoccupent à chaque sortie cela signifie que ce sont les hommes que vous craignez et non Dieu.

Je répète : Une femme chrétienne fait attention à être vêtue décemment, elle fait attention de se comporter correctement pour une seule raison : parce que la Parole le lui demande et qu’elle a envie d’honorer Dieu, et non pas parce qu’elle peut éveiller en l’homme des envies de sexe. La modestie concerne la liberté en Christ et ne doit en aucun cas naitre de la répression des hommes. Je vous encourage soeurs à vous regarder non pas avec les yeux de ceux qui vous hypersexualisent, mais avec les yeux de celui qui vous revêt de sa pureté. C’est une question d’estime de soi et c’est ainsi que vous ferez le meilleur choix.

Ecrit par Ami Rougé @theamijournal.com

 

notes

  1. Madame le Dr Glaser enseigne l’hébreu biblique en tant que langue parlée vivante, ainsi que l’exégèse hébraïque avancés dans l’Ancien Testament (Torah, Neviim et Ketuvim). Elle enseigne également l’histoire juive et l’éthique juive, et est rédactrice et co-auteure des “Fall Feasts of Israel” publiés par Moody Press. Le Dr Glaser est membre de l’Association des études juives, de l’Association nationale des professeurs d’hébreu et de la Evangelical Theological Society

Tamar soeur d’Absalom, ou quand la beauté vous dessert

C’était en Afrique. Une femme inconnue est entrée dans l’église un dimanche matin. Elle avait la peau claire, une métisse d’une beauté à la hauteur de la jeune Sade Adu. Vous savez peut-être que quelque soit le continent dans lequel ils se trouvent, une majorité de noirs fétichise la peau claire. En plus du privilège de la beauté, cette dame a pu profiter du privilège de la peau claire. Nous avons tout fait pour la garder dans l’église. Les jours suivants, tous les hommes, même mariés, souhaitaient être ses conseillers. Elle avait à peine balbutié qu’on lui tendit le micro pour une performance en solo pendant les cultes. Dieu lui avait accordé la beauté et l’église les privilèges. Elle aurait eu tort de ne pas en profiter.

Si la beauté vous assure des privilèges, elle vous crée aussi quelques soucis, malheureusement.

Notre passage biblique en révèle deux.

Cliquez ici pour le lire. 

1) la pire chose pour une belle femme est de réaliser que la beauté n’a pas de filtre. Elle attire aussi la faune des hommes indésirables. La belle Tamar l’a appris à ses dépens.

Sa beauté est la raison pour laquelle son demi-frère pensait l’aimer.

Il est tombé amoureux parce qu’elle était belle.

Il a oublié les lois du Seigneur, parce qu’elle était jolie. Levitique 18: 9 “N’ayez pas de relations sexuelles avec votre sœur, ni la fille de votre père, ni celle de votre mère, si elle est née au même domicile ou ailleurs”.

Il a oublié que les rapports sexuels avant le mariage étaient interdits, parce qu’elle était belle.

Amnon a abandonné la sagesse, car Tamar était jolie. L’amour vous rend aveugle, dit-on.

Oui, la beauté vous met sur un piédestal. Un bon garçon peut penser qu’il ne vous mérite pas.

Mais le piédestal ne suffit pas à décourager les indignes. Ils vous voient comme un défi à relever.

Belles femmes, êtes-vous fières de faire tourner les têtes? Méfiez-vous de l’Amnon qui vous guette. 

Il peut être caché en un père, un beau-père, un ami, un enseignant, un entraîneur, etc. Êtes-vous dans une telle situation? Tamar a fait face à cela longtemps avantvous. Et vous apprendrez d’elle.

2) Une autre vérité difficile à reconnaitre quand on est jolie, c’ est que la beauté est trompeuse.

Un beau visage peut cacher un cœur laid, et la beauté finit toujours par se faner.

Au-delà de tout cela, la beauté est trompeuse surtout parce qu’elle peut brouiller les vrais sentiments et couvrir les véritables motifs d’une action.

Revenons à cette église en Afrique. À leurs dirigeants. Ils ont accordé le “haut ministère” de chanteuse soliste à cette femme qui n’avait pas franchi toutes les étapes du processus de sélection (spirituel et artistique) imposé aux autres chanteurs. Ils ont agi de la sorte non pas parce qu’elle avait un appel sur sa vie ou qu’elle était une excellente chanteuse, mais parce qu’elle était magnifique et qu’ils voulaient qu’elle s’intéresse à eux.

Que s’est-il passé après le viol? Amnon a détesté Tamar. “En sorte que la haine dont il la haïssait était plus grande que l’amour avec lequel il l’aimait.”

Quel choc de réaliser qu’il ne s’agissait pas d’amour, mais de convoitise. Même Amnon pensait que c’était de l’amour.

Il a piétiné le vignoble. Il a forcé la porte. Il a volé le précieux trésor. Et puis il a marché dessus.

Amnon appelait Tamar “ma soeur”. Après le viol, elle est devenue “cette femme” … une étrangère.

Il y a une différence entre la convoitise et l’amour. “Vous les reconnaîtrez à leurs fruits” dit le Seigneur. La luxure et l’amour portent des fruits différents.

Les fruits de l’amour: 1 Corinthiens 13: 4-7

L’amour est patient, l’amour rend service. Il n’est pas jaloux, il ne se vante pas, il ne se gonfle pas d’orgueil. L’amour ne fait rien de honteux. Il ne cherche pas son intérêt, il ne se met pas en colère, il ne se souvient pas du mal. Il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité. L’amour excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

Les fruits de la convoitise Jacques 1:15

Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort.

Et Tamar s’installa, accablée, chez son frère Absalom.(1 Samuel 13 vers 20)

Tamar a été souillée, puis méprisée. Elle n’était même plus digne de devenir la femme d’Amnon. C’était juste un désir de sexe, une question d’orgueil et de domination masculine.

Tamar est tombée dans le piège malgré elle. Elle a résisté à Amnon. Elle a perdu. Mais elle est tombée au combat. Une guerrière!

Et vous ? Êtes-vous tombée pendant la période de négociation, fière que votre beauté ait tourné la tête de votre Amnon?

La beauté est comme des paillettes dans les yeux. Elle peut vous faire prendre pour “amour” ce qui n’est que convoitise charnelle.

Beaucoup de femmes trouvent du pouvoir dans leur beauté. Il y a un reste de femmes qui n’ouvrent les yeux sur la vanité de la beauté qu’après avoir été utilisées et brisées.

 

 

Cherchez-vous le véritable amour? Commencez à chercher des personnes qui ne s’intéressent pas à vous rien qu’à cause de votre apparence physique. 

Ecrit par Ami Rougé pour theamijournal.com


passage biblique

2 Samuel 13: 1-20 à 13

Après cela, voici ce qui arriva. Absalom, le fils de David, avait une soeur qui était belle et qui s’appelait Tamar. Or Amnon, le fils de David, tomba amoureux d’elle. 2 Amnon était anxieux jusqu’à se rendre malade à cause de sa soeur Tamar. En effet, elle était vierge et il lui paraissait difficile de faire la moindre tentative auprès d’elle. 3 Amnon avait un ami du nom de Jonadab. C’était un fils de Shimea, le frère de David, et un homme très rusé. 4 Il lui demanda: «Pourquoi deviens-tu donc chaque matin plus abattu, toi qui es un fils de roi? Ne veux-tu pas me le dire?» Amnon lui répondit: «J’aime Tamar, la soeur de mon frère Absalom.» 5Jonadab lui dit: «Mets-toi au lit et fais le malade. Quand ton père viendra te voir, tu lui diras: ‘Permets à ma soeur Tamar de venir me donner à manger. Qu’elle prépare un plat sous mes yeux, afin que je le voie, et qu’elle me serve elle-même à manger.’»
6 Amnon se coucha et fit le malade. Le roi vint le voir et Amnon lui dit: «Que ma soeur Tamar vienne donc faire deux gâteaux sous mes yeux et qu’elle me les serve elle-même.»
7 David fit dire à Tamar dans ses appartements: «Va donc chez ton frère Amnon et prépare-lui un plat.»
8 Tamar alla chez son frère Amnon, qui était couché. Elle prit de la pâte, la pétrit, prépara des gâteaux devant lui et les fit cuire. 9 Elle prit ensuite la poêle et les déposa devant lui, mais Amnon refusa de manger. Il ordonna de faire sortir tout le monde, et tout le monde sortit de chez lui.
10 Alors Amnon dit à Tamar: «Apporte le plat dans la chambre et sers-moi.» Tamar prit les gâteaux qu’elle avait faits et les porta à son frère Amnon dans la chambre.
11 Comme elle les lui présentait à manger, il l’attrapa et lui dit: «Viens, couche avec moi, ma soeur.» 12 Elle lui répondit: «Non, mon frère, ne me déshonore pas, car on n’agit pas de cette manière en Israël. Ne commets pas cet acte odieux!
13 Où irais-je, moi, traîner ma honte? Et toi, tu serais comme l’un des plus ignobles en Israël. Maintenant, parle donc au roi et il ne m’empêchera pas d’être à toi.»
14 Mais il ne voulut pas l’écouter. Il se montra plus fort qu’elle et il la viola, il coucha avec elle.
15 Puis Amnon éprouva de la haine envers elle, une haine plus forte encore que ne l’avait été son amour, et il lui dit: «Lève-toi, va-t’en!» 16 Elle lui répondit: «Non! N’augmente pas, en me chassant, le mal que tu m’as déjà fait.» 17 Il refusa de l’écouter. Appelant le garçon qui était à son service, il dit: «Qu’on fasse partir cette femme de chez moi, qu’on la mette dehors! Et ferme la porte derrière elle!»
18 Elle portait une robe de plusieurs couleurs. C’était en effet la tenue que portaient les filles du roi aussi longtemps qu’elles étaient vierges. Le serviteur d’Amnon la fit sortir et ferma la porte derrière elle. 19 Tamar déversa de la cendre sur sa tête et déchira sa robe multicolore. Elle mit la main sur sa tête et s’en alla en poussant des cris.
20 Son frère Absalom lui dit: «Est-ce que ton frère Amnon a couché avec toi? Maintenant, ma soeur, garde le silence, car c’est ton frère. Ne prends pas cette affaire trop à coeur.» Et Tamar s’installa, accablée, chez son frère Absalom.

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Tamar sister of Absalom, the misleading beauty

It was in Africa.  An unkown woman  entered the church one Sunday morning. She was a mixed race light-skinned great beauty, looking like Sade Adu. You may know how a majority of Black people  in every corner of the earth fetishise light skin. In addition to beauty privilege, this lady was able to enjoy light skin privilege . We did everything to keep her in the church. The following days, all the men, even married ones, wanted to be her councelors. She had barely stammered that she was being handed the microphone for a solo performance during the services. God granted her beauty and the church privileges.  She would have been wrong not to enjoy it.

If beauty assures you some kind of privilege, unfortunately it also comes with problems. Our biblical passage reveals two of them. 

Click here to read the biblical text

1) The worst thing about being pretty is that Beauty has no filter. It attracts even bad boys and undesirable men.  Beautiful Tamar learned it at her expense.

Her beauty is the reason why her half brother Amnon noticed her.

He fell in love because she was beautiful.

He forgot about the laws of the Lord because she was prettyLeviticus 18: 9 “ ‘Do not have sexual relations with your sister, either your father’s daughter or your mother’s daughter, whether she was born in the same home or elsewhere”.

He forgot that he had no right to have sex with her outside marriage, because she was beautiful.

Amnon forsook wisdom, because tamar was pretty. Love makes you blind, they say.

Yes, beauty puts you on a pedestal. A good boy may think he does not deserve you.

But the pedestal is not high enough to discourage the unworthy. He sees you as a challenge.

Beautiful women, are you proud to turn heads ? Beware the Amnon around you.

He could be hidden in a  father, a stepfather, a friend, a teacher, a trainer etc. Are you  in such a situation ? Tamar faced this a long time before you. And you will learn from her.

2) Another hard truth to know when you are pretty is that beauty is deceptive.

A beautiful face can hide an ugly heart , and beauty always withers.

But above all these, beauty is deceptive also because it can blur the real feelings and cover the true motivations behind an action.

Let’s go back to this church in Africa. To their leaders. They granted the ‘high ministry’ of solo singer to this woman who did not pass all the steps of the selection process (spiritual and artistic) imposed on the other singers. They acted this way not because she was called or a great singer, but because she was gorgeous and they wanted her favour.  

What happened after the rape ? Amnon hated Tamar. “so that the hatred wherewith he hated her was greater than the love wherewith he had loved her.”

What a shock to realize that it was not about love but about lust. Even Amnon thought it was love.

 He trampled the vineyard. He forced the door. He stole the precious treasure. And then he walked over it. 

Amnon used to call Tamar “My sister”. After the rape she became “this woman”…a stranger.

There is a difference between lust and love. “You shall know them by their fruits” says the Lord.  Lust and love bear different fruits.

The fruits of love : 1 Corinthians 13:4-7

Love is patient, love is kind. It does not envy, it does not boast, it is not proud. It does not dishonor others, it is not self-seeking, it is not easily angered, it keeps no record of wrongs. Love does not delight in evil but rejoices with the truth. It always protects, always trusts, always hopes, always perseveres.

The fruits of lust James 1:15

Then when lust has conceived, it brings forth sin: and sin, when it is finished, brings forth death.

So Tamar remained desolate in her brother Absalom’s house. (1 Samuel 13Verse 20)

Tamar has been defiled, then despised. She was not even worthy to become Amnon’s wife. It was just a desire for sex, a question of pride and male domination.

Tamar fell into the trap. She resisted Amnon. She lost. But she fell in battle.A warrior ! 

What about you ? Did you fall during the negotiation time, proud that your beauty had turned your Amnon’s head ?

Beauty is like flakes in the eyes. It can make you take for ‘love’ what is just carnal lust.

Many women find power in their beauty. There is a remnant who only open their eyes to the vanity of their beauty once they have been used and broken.

 

           

Are you looking for true love ? Start searching for people who would want you not just for your physical beauty. 

Ami Rougé for theamijournal.com


biblical text

2 Samuel 13: 1-20  (KJV)

1And it came to pass after this, that Absalom the son of David had a fair sister, whose name was Tamar; and Amnon the son of David loved her.

And Amnon was so vexed, that he fell sick for his sister Tamar; for she was a virgin; and Amnon thought it hard for him to do anything to her.

But Amnon had a friend, whose name was Jonadab, the son of Shimeah David’s brother: and Jonadab was a very subtil man.

And he said unto him, Why art thou, being the king’s son, lean from day to day? wilt thou not tell me? And Amnon said unto him, I love Tamar, my brother Absalom’s sister.

And Jonadab said unto him, Lay thee down on thy bed, and make thyself sick: and when thy father cometh to see thee, say unto him, I pray thee, let my sister Tamar come, and give me meat, and dress the meat in my sight, that I may see it, and eat it at her hand.

So Amnon lay down, and made himself sick: and when the king was come to see him, Amnon said unto the king, I pray thee, let Tamar my sister come, and make me a couple of cakes in my sight, that I may eat at her hand.

Then David sent home to Tamar, saying, Go now to thy brother Amnon’s house, and dress him meat.

So Tamar went to her brother Amnon’s house; and he was laid down. And she took flour, and kneaded it, and made cakes in his sight, and did bake the cakes.

And she took a pan, and poured them out before him; but he refused to eat. And Amnon said, Have out all men from me. And they went out every man from him.

10 And Amnon said unto Tamar, Bring the meat into the chamber, that I may eat of thine hand. And Tamar took the cakes which she had made, and brought them into the chamber to Amnon her brother.

11 And when she had brought them unto him to eat, he took hold of her, and said unto her, Come lie with me, my sister.

12 And she answered him, Nay, my brother, do not force me; for no such thing ought to be done in Israel: do not thou this folly.

13 And I, whither shall I cause my shame to go? and as for thee, thou shalt be as one of the fools in Israel. Now therefore, I pray thee, speak unto the king; for he will not withhold me from thee.

14 Howbeit he would not hearken unto her voice: but, being stronger than she, forced her, and lay with her.

15 Then Amnon hated her exceedingly; so that the hatred wherewith he hated her was greater than the love wherewith he had loved her. And Amnon said unto her, Arise, be gone.

16 And she said unto him, There is no cause: this evil in sending me away is greater than the other that thou didst unto me. But he would not hearken unto her.

17 Then he called his servant that ministered unto him, and said, Put now this woman out from me, and bolt the door after her.

18 And she had a garment of divers colours upon her: for with such robes were the king’s daughters that were virgins apparelled. Then his servant brought her out, and bolted the door after her.

19 And Tamar put ashes on her head, and rent her garment of divers colours that was on her, and laid her hand on her head, and went on crying.

20 And Absalom her brother said unto her, Hath Amnon thy brother been with thee? but hold now thy peace, my sister: he is thy brother; regard not this thing. So Tamar remained desolate in her brother Absalom’s house.

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