7 expressions à ne plus cultiver à la légère

2. Comment ça va ? Quand vous n’êtes pas prête à écouter la personne si elle vous répond : « mal ».

Nul besoin de se référer aux délicieuses origines de cette expression (une histoire d’excréments au Moyen Âge parait-il) pour trancher sur sa qualité quelques fois douteuse.

Combien de fois saluez-vous les gens en enchaînant rapidement ‘bonjour’ et ‘ça va’ ? Est-ce sincère ? Avez-vous envie de connaître les états d’âmes de ces personnes ? Pour l’autre qui a vraiment besoin d’épancher ses peines, c’est une double peine de réaliser qu’en réalité son état ne vous intéresse pas : vous repartez vite, vous lui dites ‘plus tard’, vous regardez ailleurs, vous enchainez en parlant de vous etc.  Vous avez en réalité posé la question juste par convention.  Aussi, cette convention peut ne rien valoir si vous en êtes le réceptacle, mais vous coûter quand même cher en tant qu’émetteur.

Etes-vous connu pour être à l’écoute des autres ? Si ‘non’, vous devriez ! Si ‘oui’, vous en avez sans doute déjà fait les frais. Collègues, fratrie, amis, époux, voisins, caissières etc. ne se gênent pas pour en profiter. Dès que vous demandez « ça va », vous entendez : « J’ai la rate Qui s’dilate J’ai le foie Qu’est pas droit J’ai le ventre Qui se rentre…(1)» Combien de vos journées et nuits ont-elles été gâchées à réfléchir sur une solution pour tout ce petit monde ? Beaucoup ne se gênent pas pour vous accaparer plusieurs heures au téléphone, en vous répétant encore et encore les mêmes histoires.

Sous prétexte de compassion vous les laissez vous refourguer leur bourdon, ce qu’ils font sans état d’âme. Votre mental peut en être sérieusement affecté. S’il est bon d’être une oreille attentive pour pouvoir aider les autres, il est aussi important de vous protéger d’agressions émotionnelles régulières : oui, vous aussi vous comptez !

Employez le ‘ça va ?’ avec parcimonie et vous mettrez une sacrée barrière entre les pleurnicheurs et vous. Certaines connaissances vous demanderont même « tu ne me demandes pas si ça va ? » Non. Ne le faites plus jamais pour le plaisir de la formule, mais uniquement quand votre âme est blindée et parée à écouter : « J’ai les reins Bien trop fins Les boyaux Bien trop gros J’ai l’sternum Qui s’dégomme etc. (1) »

(1) Chanson de Gaston Ouvrard